Comment sortir d’un burn-out ?

Dernière mise à jour : 8 juin


Femme en burn-out, dépression, angoisse, stress

Le syndrome du burn-out est une expression qui a été utilisée pour la première fois en 1974 par Herbert J. Freudenberger. À l’origine, le terme était surtout utilisé dans les milieux de la santé.


Il s’agit d’un état de détresse psychologique et d’un épuisement extrême pouvant conduire à une dépression grave, entraînant de nombreux troubles de santé.


Ce dernier est souvent causé par une surcharge de travail ainsi que par des tensions quotidiennes. Les premiers signes sont un manque d’énergie, des troubles de l’humeur (irritabilité, déprime), une fatigue extrême, des trous de mémoire fréquents, des problèmes de sommeil, etc.



1. Le burn-out (définition)


Le syndrome du burn-out est, par définition, la raison pour laquelle tout type de travailleur peut développer un trouble psychique résultant d’un stress chronique ou aigu, relatif aux tâches qu’il est amené à accomplir au quotidien. Ce qui signifie que les aspects personnel et professionnel sont concernés.

​Chez certaines personnes exposées à des conditions d’emploi frustrantes et démotivantes, il se développe progressivement : face à l’épuisement, au sentiment d’échec et aux difficultés de concentration, celles-ci tendent à travailler toujours davantage pour essayer de retrouver satisfaction et estime de soi. ​Ce qui, par définition, est contre-productif.


​Si les conditions de travail restent difficiles, un cercle vicieux s’installe jusqu’à l’épuisement.​



2. Quelles différences entre stress "normal" et stress chronique ou aigu ?


Avant d’aller plus avant dans l’explication, il est important de pouvoir comprendre la différence.


Se sentir stressé dans notre quotidien lorsque nous sommes confrontés à des situations engageantes ou changeantes est normal, voire nécessaire.


Le stress "normal" est capable de nous mobiliser, d’accroître notre concentration et de nous rendre plus efficaces sur une courte période. Sur une période trop longue cependant, le corps s’épuise et du stress "normal", nous passons en stress chronique ou aigu.


Ce peut être le résultat d’un choc émotionnel ou d’un événement traumatisant, d’un deuil, d’un conflit, d’une suractivité prolongée, etc.


C’est à ce stade que se développent des symptômes psychologiques, tels que : crise d’angoisse, manque d’estime de soi, anxiété permanente, signes de dépression, troubles alimentaires, etc.



3. Ce que n’est pas un

burn-out


Je trouve important de revenir sur certaines idées reçues, car il est bien souvent trop simple de l’écarter plutôt que de le constater et d’y faire face.

  • Il ne s’agit pas de faiblesse.

  • Il ne s’agit pas de la paresse.

  • Il ne s’agit pas de vouloir travailler ou non.

  • Il ne s’agit pas de compétences requises.​

  • Il ne s’agit pas non plus de profiter d’un arrêt de travail bien pratique.

  • Il ne s’agit pas de cinéma ou de cirque.

  • Il ne s’agit pas d’un problème sans conséquences.

​Il s’agit d’un syndrome psychique très sérieux aux conséquences pouvant être extrêmement graves et invalidantes.






4. Quelques chiffres


Détresse psychologique aujourd’hui en France​ :


  • 80 % des directions générales interrogées.​

  • 61 % des DRH interrogés​.

  • 52 % des managers interrogés​.

  • 44 % des salariés interrogés​.

On estime à :

  • Déjà 15% des personnes en activité interrogées disent avoir été absentes pour raison de santé psychologique en un an.​

  • Soit 2,83 de jours d’absence par salarié, ce qui représente 56 millions de journées non travaillées.​

  • Estimation du coût de l’absentéisme chaque année pour les entreprises : 107,9 milliards d’euros par an, soit le budget annuel de la Sécurité sociale.​

Sources :

* Cappelletti, directeur de programme à l’Institut de socio-économie des entreprises et des organisations (Iseor) et Henri Savall, président-fondateur de l’Iseor. Étude « sur l’origine et le coût de l’absentéisme en France » étude 2018,​ définition.

* Le taux de dépression sévère a doublé en un an ; il atteint désormais deux millions de salariés (entreprise).

* L’étude du cabinet Technologia publiée en 2014, les cadres présentant des signes de détresse psychologique n’était que de 20 %.



5. Les causes du burn-out


Il n’y a pas une cause unique, c’est toujours le fruit de facteurs multiples ayant différentes dimensions. Certaines situations personnelles, telles que :


· ​divorce ;

· problèmes financiers ;

· manque de confiance en soi et d’estime de soi ;

· situation familiale compliquée : divorces, conflits, mères au foyer, etc.​

· ​de difficultés relationnelles : mauvaises relations de travail avec son manager ou ses collègues.


Voici une petite liste non exhaustive d’autres causes souvent rapportées :


​1- Surcharge excessive de travail​ ;

2- Privation d’autonomie​ ;

3- Responsabilités mal définies​ ;

4- Manque de reconnaissance​ ;

5- Mise à l’écart​ ;

6- Conflit avec sa hiérarchie ;​

7- Perfectionnisme ;​

8- Ambition élevée​ ;

9- Manque de personnel​ ;

10- Favoritisme ;

11- Épuisement.



6. Qui est particulièrement touché par le burn-out ?


Il toucherait environ 25 % d’hommes contre 42 % de femmes et peut frapper à tout âge. Les personnes travaillant dans des secteurs où la pression est très forte (comme le management, la politique, la finance, etc.) sont plus exposées.


Les emplois ou l’émotionnel du travailleur est trop sollicité ou mal géré (association caritative, etc.) ont une probabilité plus élevée d’être touchées.


Certaines caractéristiques communes ont pu être mises en lumière. principalement chez des personnes perfectionnistes, très ou trop investies de leur mission et trop exigeantes envers elles-mêmes.


On parle aussi de burn-out parental.


*Septième étude annuelle de McKinsey & Leanin.org. Cabinet de conseil américain et l’ONG fondée par Sheryl Sandberg, ont interrogé 65 000 employés des deux sexes, au sein de 423 sociétés outre-Atlantique.



7. Quels sont les symptômes d’un burn-out ?

Comment les reconnaître ?


Le Burn-out se traduit souvent par un épuisement extrême, tant physique que mental, une dépression ou un manque de motivation professionnelle. Un certain nombre de symptômes peuvent cependant être détectés et permettre de l’identifier à temps.


  • Tristesse permanente​ ;

  • Manque d’intérêt et de plaisir durable​ ;

  • Fatigue extrême​ ;

  • Troubles de la concentration​ ;

  • Colères fréquentes​ ;

  • Absences répétées ;​

  • Perte d’assurance et de confiance ;​

  • Hypersensibilité​ ;

  • Fréquents trous de mémoire (oubli) ;

  • Signes de repli sur soi​ ;

  • Hostilité envers ses collègues​ ;

  • Comportements addictifs​ ;

  • Doute de ses compétences​ ;

  • Plaintes récurrentes ;​

  • Perte de poids importante ;

  • Épuisement ;

  • Troubles du sommeil ;

  • Crises d’angoisse ;

  • Anxiété permanente, etc.


Témoignages


(Brigitte - Cadre de banque-)

"Je me rendais bien compte que je commençais à dysfonctionner, j’ai eu des tas de symptômes physiques, des douleurs intestinales de plus en plus violentes, des pertes de mémoire, des pertes de vision, d’audition. À la fin, je ne me souvenais même plus du nom de la personne qui était assise à côté de moi".


(Adam -Cadre RH-)

"J’ai perdu 12 kg en 1 mois et demi, je me sentais épié et jugé par tout le monde. J’avais des fourmillements dans les pieds et les mains, des nausées de plus en plus fréquentes, j’avais peur de perdre mon emploi".



(Jeanne - Cadre en ingénierie civil-)

"Je devais parfois me rendre aux toilettes pour contenir mes larmes. La boule au ventre était parfois si importante que respirer était un effort. Il m’arrivait de rester une heure dans ma voiture sur le parking de mon entreprise, car ouvrir la portière me semblait impossible".



8. Les quatre étapes du processus d’un burn-out


Étape 1 : stress normal qui augmente constamment sans phase de repos.


Étape 2 : le stress aigu grimpe à la verticale et l’on se sent bien, plein d’énergie, en bonne forme grâce à une production intense d’adrénaline et de cortisol. On se sent pousser des ailes. On se sent comme anesthésié de toute douleur ou difficulté. C’est le moment où l’on peut travailler jusqu’à 2 ou 3 heures du matin, quitter son travail à 22 h et sortir son chien en courant. La prise de conscience est encore possible.


Étape 3 : les substances qui font tenir

C’est le moment où l’on commence à consommer tout ce qui peut permettre de tenir : café, vitamine, alcool, drogue, etc., pour tenir debout.

C’est une phase des plus importantes, parce qu’il est encore temps de sortir de la spirale infernale et d’éviter la dépression. La prise de conscience est encore possible.


Étape 4 : l’effondrement personnel

Entre la phase 3 et 4, il peut ne se passer qu’une seconde.

Vous vous sentez bien, vous êtes au téléphone ou vous promenez votre chien et d’une seconde à l’autre, vous êtes par terre. Vous êtes entré en grave dépression.



9. Qu’est-ce qu’un effondrement personnel ?


C’est le bout du bout, le moment où votre esprit/cerveau dit "stop !"

À force d’avoir emmené nos facultés jusqu’à leurs dernières limites, nous nous retrouvons face à de graves complications, physiques et mentales.


Lorsque nous combattons avec acharnement nos pensées négatives liées à la peur de ne pas être assez, nous pouvons entrer dans une spirale infernale, ou bien développer une forme d’addiction à l’effort, nous poussant sans répit à nous challenger.


Pour prouver à notre hiérarchie que nous sommes au niveau, pour nous prouver que nous ne sommes pas moins que les autres, mais aussi ou plus fort, pour nous sentir aimé, estimé, reconnu des autres... Nous cherchons désespérément à ressentir que nous avons de la valeur, que nous avons toute légitimité à nous trouver où nous nous trouvons.


Et plus nous essayons, et plus ce sentiment devient inaccessible, ingérable. La surenchère engendre fatigue extrême, comportement social inadapté, troubles alimentaires, repli sur soi, etc.

Et un jour, au bout d’un long moment, tout bascule en quelques secondes.


Témoignages


(Brigitte - Cadre de banque)

"Je suis allée faire un test pour une allergie, ils m’ont donné un sucre et je suis tombée dans les pommes. Je me suis réveillée à l’hôpital, je venais de faire un semi-coma, j’avais perdu la vue, je n’entendais presque plus rien. J’ai appris par la suite que le fait de ne plus gérer les sucres était une des caractéristiques de l’épuisement."


(Jacques - Chef cuisinier- )

"Ce jour-là, j’étais au travail, je suis allé au vestiaire, je me suis changé et je suis tombé. Le médecin a pris mon pouls j'étais à 19/6, je tremblais. Je me suis réveillé à l’hôpital, mon cerveau avait dit stop, une grande partie de mes souvenirs s’était effacé, jusqu’à la date de naissance de ma fille".


(Thierry - Berger- )

"J’étais dans ma voiture, j’appelle ma femme, je sens que quelque chose ne va pas. Je me réveille dans l’hélicoptère qui me transfère à l’hôpital, mon cœur était descendu à 40 pulsations minutes. mon médecin m’a dit que mon corps était entré en hibernation".



10. Le burn-out est-il reconnu comme une maladie professionnelle ?


Non, le burn-out n’est pas reconnu comme une maladie professionnelle.

Cependant, vous avez la possibilité d’effectuer, avec l’aide de votre médecin généraliste, une demande auprès de votre CPAM pour demander la reconnaissance de l’origine professionnelle de vos symptômes. Ce qui, aujourd’hui, est très courant. Je vous détaille la démarche étape par étape dans l’article suivant : je déclare mon burn-out à la CPAM étape par étape.



11. Comment prévenir le burn-out

  • Évaluer pour préserver l’éq